Kangchenjunga est l'appellation officielle adoptée par la Royal Geographical. En langue locale Limbu, il est appelé Sewalungma ce qui signifie « la montagne à laquelle on offre les remerciements ». Sewalungma est considéré comme sacré dans la religion Kiranti d’où l’abondance d’offrandes que nous verrons à Oktand, le camp de base Sud.
Arriver au point du départ du trek pour le Kang est un voyage en soi. Cela débute par un départ très matinal de l’hôtel pour une longue attente à l’aéroport. Au Népal le touriste doit se lever avant le brouillard, quitte à se recoucher si le mal persiste…Il faut bien tuer les temps morts. Ce jour-là, le brouillard s’est aussi levé et nous avons fait un vol superbe où ont défilé, Sishapangma, Cho-Oyu, Everest Lotse, Makalu et Kangchenjunga, pas moins de 6 sommets de plus de 8000 m en 45 mn de vol pour atterrir à Bhadrapur, une des plus vieilles villes du Népal, « la ville du thé », à quelques 100 m d’altitude !!!. Kumar « Mac Gyvers », l’homme de toutes les situations est là depuis la veille, avec un bus « de luxe » …et heureusement qu’il était « de luxe » ce bus.
Très vite nous quittons les plaines chaudes du Terai pour les collines verdoyantes annonçant le Sikkim. Les plantations de thé d’Ilam, soigneusement entretenues, défilent. Une première nuit dans un petit hôtel d’Ilam donne le ton, les étoiles resteront dehors mais en tout cas pas sur le fronton dudit hôtel. Une journée et demie de bus à travers les collines par une route tortueuse à souhait pour joindre Taplejung et avoir enfin le privilège de marcher. Moment toujours émouvant des retrouvailles avec l’équipe arrivée depuis 2 jours.
Tout est prêt pour que la fête commence.
La première partie de l’itinéraire est une très longue marche d’approche, dans des rizières luxuriantes avec des maisons bien tenues, fraîchement badigeonnées de neuf. Nous sommes en période de fêtes et il ne faut pas indisposer les nombreuses divinités. La particularité de la région est la culture de la cardamone dont le Népal est l’un des premiers producteurs, ce doit bien être là son unique première place. Après 2 à 3 jours, le cheminement se glisse le long de gorges étroites, humides et …glissantes, pour prendre brutalement de l’altitude que l’on reperd très vite, un peu comme à la bourse…Peu à peu, on abandonne les populations hindouistes pour entrer dans les zones tibétaines plus âpres, plus austères, plus minérales.