A TOURNEFEUILLE ils avaient un rêve LE NEPAL

 

Je pars donc avec mes amis à la découverte d’un pays, je dirais même un autre univers. Ma première impression, qui sera confirmée par la suite, est très positive. J’oublie volontairement Katmandou sa ville polluée et sa banlieue trop triste. Dès la sortie de la ville, la nature reprends ses droits. La campagne fertile se couvre de parcelles de riz le plus souvent cultivé en espaliers car le pays est montagneux . Les chemises fleuries des années 60 ont disparu mais les fleurs sont toujours présentes. Elles fleurissent tous les petits jardins

 

Mais l’existence est rude et le quotidien difficile. Tout au long de notre avancée, nous côtoyons la population dans les villages : Bhulbhulé, Ngadi, Jagat, Darapani, Chamé…. Nous sommes à 3000m d’altitude. Le paysage est magnifique. Les cascades se succèdent, les unes plus capricieuses que les autres, jusqu’à se jeter dans le torrent qui gronde tant son débit est imposant. Ce torrent nous allons le franchir très souvent en empruntant les ponts suspendus portés par de gros filins d’acier. Gare à celui qui tombe à l’eau, il n’y survivrait pas. Dans ces petits villages, il règne une atmosphère paisible, une sérénité communicative. Les enfants jouent avec « rien ». Les mamans lavent leur vaisselle, leur linge et leur bébé à la fontaine tandis que d’autres, écrasées par leur fardeau, rapportent la nourriture pour leurs animaux trop souvent emprisonnés sous un abri de fortune. A cette altitude apparaissent d’autres cultures : blé, sarrasin et pommes de terre. Nous marchons dans un environnement qui nous rappelle nos chères Pyrénées sauf que nous sommes à 3000m d’altitude et qu’à cette altitude nos Pyrénées sont exclusivement minérales. Le sentier est très agréable, bordé de montagnes couvertes de résineux qui nous gratifient du chant qui naît du passage du vent dans leurs branches.

 

Au quatrième jour de marche, nous sommes à Pisang 3300m. C’est enfin le jour où nous apercevons vraiment les premières cimes des Annapurna (Annapurna 2 ) avec le Pisang Peak et le Chulu mais pour cela nous allons nous rendre au monastère Bouddhiste qui domine le village de plus de 300m. Les murs de l’édifice sont tapissés de peintures hautes en couleurs identifiées aux rites de la religion. La statue dorée de sa Majesté Lord Bouddha trône face à l’entrée tandis qu’un superbe mandala embellit le plafond.

Nous allons un peu plus chaque jour découvrir cette fabuleuse chaîne des Annapurna. Les jours se succèdent et notre chemin est toujours aussi agréable. La végétation et les cultures sont encore abondantes. Les habitants, bien qu’occupés à leur tâche quotidienne, affichent leur plus beau sourire. J’ai rarement rencontré autant de sourires au cours de mes voyages.

 

Certains jours sont tout de même plus difficiles. Aujourd’hui nous avons atteint Ngawal 3660m. L’ascension était rude. Ce petit village est très accueillant. Il y a même une boutique. Après le déjeuner nous partons sur une arête ventée qui s’élève au-dessus de ces quelques maisons pour nous retrouver, 300m plus haut, face aux Annapurna 2 et 4 qui jouent avec les nuages. C’est un merveilleux spectacle qui nous est offert.

 

A cette altitude certains d’entre nous commencent à ressentir de petites gênes. Maux de tête ou difficultés respiratoires, ce sont aux dires de Krishna, notre guide, les signes de l’acclimatation à l’altitude. Le lendemain est une journée beaucoup plus facile. Nous redescendons sur Braga où nous allons passer deux nuits. Notre guide a prévu de faire du « hors piste ». Nous laissons le tour traditionnel des Annapurna pour monter au Ice Lake 4600m. C’est une journée splendide, nous rencontrons des troupeaux de yaks et des chevaux en liberté. Aux abords du lac le vent froid nous transi un peu. Soudain le ciel s’assombrit et la neige commence à tomber. En quelques minutes le flanc de montagne qui domine le lac s’habille de blanc. Il nous faut redescendre et nous allons retrouver le soleil et s’il n’est pas très chaud,il est bien sympathique.

Deux jours plus tard, nous laissons encore une fois le trek « around Annapurna » pour voir le lac du Tilicho dit le plus haut du monde. Pour la montée au Tilicho nous sommes particulièrement ravis. Certes l’ascension est abrupte et l’altitude impose un rythme lent afin de bien gérer les efforts et la respiration mais QUE C’EST BEAU ! Au départ, nous côtoyons les troupeaux de yaks dispersés au milieu d’une végétation très irisée aux couleurs de l’automne où le vert, le roux, les rouges, le jaune mordoré et aussi le marron orangé forment u tapis lumineux accolé à la roche grise qui s’élève jusqu’à la blancheur de cimes éclairées dans un ciel d’un bleu immaculé. Mais que l’effort est agréable dans ce contexte merveilleux qui nous conduit au bard de ce superbe lac après avoir traversé des zones plus rocheuses  de cette montagne aux parois parfois lisse d’où émergent des rochers aux formes bizarres qui rappellent un peu La Cappadoce. Le lac du Tilicho, c’est un endroit merveilleux où le glacier vient se baigner dans ses eaux d’un bleu turquoise. Nous sommes à 5015m, ravis de cette sensation qui nous grise. Ces deux escapades nous préparent à notre objectif : le Thorong Pass. Nous ne sommes plus qu’à J-2.

 

A la veille du passage du col, nous sommes très impatients. Impatients, peut-être un peu inquiets. Est ce la fatigue accumulée ou la crainte d’échouer alors qu’il ne reste que 900m de dénivelé pour franchir le fameux col.

Enfin c’est le « great day » Nous sommes tous au pied du dernier « obstacle » mais fin prêts et bien décidés. Nous quittons le Thorong Phedi 4450 m, notre dernier hébergement. Il est très tôt. Notre guide a recommandé le départ matinal car très souvent après 10h le vent se lève et le passage du col est rendu désagréable car ce vent est très froid. Quelques 3 heures d’efforts et nous voici au col du Thorong Pass d’où l’on aperçoit encore l’Annapurna2. Nous sommes tous un peu émus mais heureux et fiers de nous regrouper pour la belle photo souvenir de ce merveilleux moment. Je devine quelques regards mouillés par l’émotion. Chacun d’entre nous espérait cet instant. Serions nous devenus des montagnards ? La plupart n’avions jamais été au delà de 3000 m d’altitude et chacun se posait la question :  « serais-je capable de m’adapter ? vais-je connaître le mal des montagnes ? » Nous sommes à 5416 m et tout va bien. Merci à Krishna, notre guide, qui a su nous organiser parfaitement de façon à ce que notre acclimatation soit optimum.

 

Nous repartons vers Muktinath, 1700m plus bas, notre destination du jour. De là nous avons une superbe vue sur le Dhaulagiri 8167m.

 

Les jours suivants nous descendons par la vallée du Kali Gandaki ou Windy Valley car c’est une vallée encaissée très ventée. Nous traversons diverses villes ou villages, Jomoson, Tukuche…. , qui sont différentes des agglomérations rencontrées de l’autre côté du col : population plus importante, constructions en cours, artisanat plus développé .

 

Au fur et à mesure de notre descente, la végétation reprend ses droits. Les conifères recouvrent le flanc des montagnes tandis que les arbres fruitiers : cerisiers, pommiers, bananiers ou plans de vigne occupent les jardins au creux de la vallée.

 

De retour à Katmandou, nous restons 2 jours à visiter la ville et sa banlieue très riche en site religieux et notamment la Grande Stupa de Boudhanath qui est l'un des principaux sanctuaires bouddhistes de la région de Katmandou. Dans une enceinte entourée de multiples boutiques se promène une foule très variée mais à forte coloration indoue. Les différents costumes sont magnifiques. Le tibétain plus sobre en couleur est très élégant. Les femmes portent généralement de longues robes souvent noires, bleues ou encore marron couvertes de tabliers qui sont faits de bandes de couleurs vives. Le peuple tibétain est connu pour sa culture de l’habillement.

Le dernier soir nous aurons un dîner de gala dans un somptueux restaurant de Katmandou recommandé par J.P Girolami qui nous accompagnera.

 

Nous garderons longtemps le souvenir de ce merveilleux voyage au Népal  où malgré les difficultés existentielles, malgré la précarité, malgré la défaillance du système éducatif, les népalais et népalaises affichent toujours leur plus beau sourire. Les paysages y sont merveilleusement beaux et surtout :

 

QUE LA MONTAGNE EST BELLE !!!

 

Georges Ricard

Il me prend l’envie d’adapter la chanson de Jean FERRAT « Depuis longtemps ils en rêvaient….. que la montagne est belle »

 

 

 

Grâce à l’initiative de Geneviève, personnage éminent, s’il en est, notamment au sein de l’association GV de Tournefeuille, un groupe de 15 s’est constitué pour aller faire le « tour des Annapurna » Le Népal c’était un rêve pour chacun d’entre nous. Personnellement je ne connaissais rien ou très peu de choses de ce pays. J’avais seulement en mémoire l’image de Katmandou à la fin des années 60, la ville riche en lieux de méditation pour les occidentaux en quête de spiritualité dans un environnement rempli de fleurs amis aussi le formidable exploit de Maurice HERZOG qui pour la première fois de l’histoire parvient au sommet d’une montagne de plus de 8000m le 3 juin 1950.